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    La PUISSANCE ET LA GLOIRE

     

    GRAHAM GREENE

     

    Ce livre écrit en 1940 est devenu un « classique ». Il raconte la fuite d’un prêtre au travers du Mexique, au début du 20 eme siècle, période de la révolution anticléricale au Mexique ; les églises sont fermées, les prêtres sont poursuivis, obligés de se marier ou recherchés pour être emprisonnés.

     

    C’est une vraie road-movie, l'histoire d'une fuite à travers la province de Tabasco (sud-est du Mexique). Le prêtre traverse des villages pauvres et il voyage dans des paysages variés : paysages désertiques, bananeraie et forêt équatoriale.

     

    Ce prêtre est un « mauvais prêtre » - il le dit lui-même – alcoolique, et surtout il a eu un enfant un soir d’ivresse. Cet enfant symbolise sa faiblesse.

     

    Sa tête est mise à prix et il s’enfuit pour échapper aux gendarmes, monté sur une mule à mauvais caractère. Au fil de ses rencontres, on croise des paysans et des indiens qui refusent de l’héberger, car c’est trop dangereux pour eux, mais qui l’aident en lui donnant quelques vivres. La misère est omniprésente, la faim est toujours là. Il rencontre également le « traitre », métis aux grandes dents jaunes, qui tient à l’accompagner dans sa fuite mais qui le trahira pour gagner la prime.

     

    Seule la mort va le délivrer de sa misère.

     

    J’ai beaucoup aimé ce récit, écrit sans fioriture dans un style rapide – en accord avec la fuite du prêtre – et qui ne manque pas d’humour.

     

    Rappel historique : En décembre 1924, le président Plutarco Elías Calles prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu'ils obéissent à un souverain étranger, le pape. Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement et ferme pas moins de 20 000 églises.

     

     

     


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    De la part de Michèle A / Mexique

     

     Mexico, quartier Sud

    Guillermo Arriaga

     

    Au fil de quatorze nouvelles, Guillermo Arriaga nous propulse dans Mexico à la rencontre des habitants de « quartier Sud » dont il nous brosse un portrait sans concession.

     

    Quels que soient leur condition et leur statut, femme ou homme, enfant ou adulte, médecin ou policier, à des degrés divers et en des circonstances différentes, tous se ressemblent : corrompus, traitres, délateurs, cyniques, sadiques, cruels, violents et, plus souvent encore, effroyablement lâches….

     

    Ce sont ces enfants qui, dans leurs jeux mortifères, torturent une cousine handicapée sous le regard distrait de parents dont l’indifférence n’a d’égale que la duplicité …

     

    C’est ce médecin, veule et cupide, rattrapé par son passé d’avorteur sans scrupules et qui parvient néanmoins à se soustraire à la justice en soudoyant ceux qui sont censés la rendre…

     

    C’est cet individu « ordinaire » opposant, au jeune voleur qui s’est clandestinement introduit chez lui, une « défense » qui se révèle n’avoir rien de vraiment « légitime », contrairement à ce que nous annonce le titre, véritable antiphrase à l’ironie mordante…

     

    C’est ce gang d’adolescents totalement assujettis à la loi du plus fort et s’accomplissant dans une brutalité barbare et sans limites…

     

    Grâce à une écriture dépouillée, sans affectation ni préciosité stylistique mais incisive et terriblement efficace, l’auteur nous décrit une société dont on pressent qu’elle lui est familière. En ayant fait de toute évidence l’intime expérience, il porte sur elle un regard sans complaisance et dénué de misérabilisme. Il n’excuse ni ne plaint, pas plus qu’il ne condamne.

     

    Il ne s’agit pas non plus pour lui d’indigner ni de choquer le lecteur mais de déconstruire tous les clichés sur le Mexique et sa capitale. Contrée à l’âme singulière dont la complexité et la profondeur ne saurait se réduire à un folklore facile ni même au discours géopolitique…

     

    Si la violence est ici omniprésente, c’est bien parce que la pulsion de mort en est le moteur, nous renvoyant, pour le coup, à un universel terriblement dérangeant…

     

    Aucune alternative ne parait donc possible si ce n’est, au détour d’une destinée, banale à pleurer, l’offrande d’un amour improbable, profondément ambivalent mais inexplicablement indéfectible.

     

    « Elle [la veuve Diaz] mourut un mois plus tard. D’après les médecins, son décès était dû à une lointaine infection respiratoire. Je sais moi qu’elle est morte de chagrin, qu’elle est morte d’amour ».

     

    Ames sensibles passez votre chemin mais lecteurs épris de récits profonds et authentiques, précipitez-vous !

     

    Guillermo Arriaga, né à Mexico en 1958, est réputé comme scénariste. Il a, en cette qualité participé à de nombreux films (Amours chiennes en 2000, Babel en 2006…).

     

    Il est également l’auteur de romans dont le Bison de la nuit (1999) et Un doux parfum de mort (2005).

     

    Mexico, quartier Sud est son premier recueil de nouvelles. Il a été publié en 2005

     


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    Quel livre lisez-vous en ce moment ?

     

    voici le livre qui m'accompagne...

    Livre de chevet

    un peu par hasard, et par goût du jeu... ou ce qui me paraît tel !

    Un confinement choisi, en 2010, mais à une période identique à la notre.

    Je m'amuse à lire jour par jour ce qu'il vivait alors

    et à le faire résonner avec mon quotidien...

    confiné, en famille, loin des bois !

     


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    De la part de Béatrice / Mexique

    LA FRONTIERE

     

    PATRICK BARD

     

    Roman policier qui met en scène un journaliste d'un quotidien espagnol, né au Mexique. Il doit enquêter sur une série de crimes atroces survenus à Ciudad Juarez, ville frontalière où s'entassent multinationales, bars et discothèques autour d'un désert jonché de cadavres de jeunes filles ou jeunes femmes violées, torturées, dépecées…. Le Mexique est décrit comme un pays corrompu, où on ne peut faire confiance à personne.

     

    On découvre le rôle d’un avocat qui a, certes, défendu les intérêts des familles mais qui s’est mis une somme énorme dans ses poches.

     

    On découvre le rôle de la CIA qui couvre les agissements des multinationales et le rôle d’un membre du CIA, véritable bourreau.

     

    On visite une partie du Mexique, en y découvrant une misère horrible, un obligé de vivre au milieu des déchets industriels qui provoquent malformations et décès.

     

    Très dur mais passionnant.

     

     

    De la part de Béatrice / Mexique

     

    LA BALLADE de JOAQUIN MURIETA, BANDIT MEXICAIN ;

     

    John ROLLIN RIDGE

     

    Livre publié en 1854, inspiré de faits réels et qui fonde le mythe de ZORRO, bandit au grand cœur.

     

    À l’époque de la Ruée vers l’or en Californie, un jeune Mexicain injustement humilié se fait hors-la-loi. Avec sa bande, Joaquín Murieta écume l’État, récemment annexé aux États-Unis, terrorisant les Gringos, et entre finalement dans la légende. Cavalcades, coups de feu, romances amoureuses, bagarres, ruses et lynchages à n’en plus finir.

     

    Livre sympathique, mais les exploits de Joaquin Murieta sont un peu répétitifs !!

     


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    De la part de Simone / Mexique

     

    Chocolat amer

     

    Laura Esquivel

     

     

    Une délicieuse surprise

     

     

    On s’attend à un livre de recettes mexicaines. Ça l’est en effet… mais pas que !

     

    Situé au moment de la révolution mexicaine, dont elle relate quelques épisodes par le biais de ses protagonistes, l’auteur tisse savamment roman « sentimental » et recettes, dans un style joyeux, tendre, parfois violent.

     


    Une belle galerie de portraits hauts en couleurs, au centre desquels Tita, dernière née d’une famille, qui doit rester vieille fille pour s’occuper de sa mère. Mais évidemment, l’amour rôde et l’intrigue se complexifie.

     

     

     

    Divisé en 12 chapitres comme les 12 mois de l’année, mais s’étalant en réalité sur bien plus d’une année, chacun de ces chapitres commence par une recette… Au printemps une douceur, à l’automne un plat très épicé… Ah, les cailles aux pétales de rose, sensées avoir un effet aphrodisiaque !

     

    Mais l’auteur ne se contente pas de placer une recette au début du chapitre, elle glisse subrepticement dans une phrase, tantôt le déroulé de la recette, tantôt un tour de main, tantôt un remède de bonne femme, ou ose des comparaisons inattendues. Savoureux !

     

     

     

    « Quand Ezperanza avoua à Tita que le regard d’Alex sur son corps lui avait fait le même effet que l’huile bouillante au contact d’une pâte à beignets, Tita en déduisit que rien ne pouvait les séparer ».

     

     

     

    Un vrai bonheur de lecture !

     

     

    NB : De ce livre a été tiré un film « Les épices de la passion »

     

     

     

    De la part de Simone / Mexique

     

    La double vie de Jesus

     

    Enrique Serna

     

     

    Un livre à double entrée :

    la corruption au Mexique, et une histoire d’amour impossible

     

     

    Dans la ville de Cuernavaca, polluée par les narcotrafiquants, Jesus, le héros du roman est un homme intègre, contrairement à la plupart des politiciens. Il réussit à se tenir à distance (pas tout à fait jusqu’au bout…) et ambitionne de devenir le maire de la ville, pour la délivrer de la gangrène de la corruption.

     

    Mais il se retrouve menacé, pris dans un engrenage… d’autant qu’en parallèle, il vit un amour fou, interdit et scandaleux, avec un(e) travesti.

     

    Une histoire violente, souvent empreinte d’un humour ravageur… et un tableau très noir de la société mexicaine.

     

     

    Se lit un peu comme un thriller.

     

     

     

    De la part de Simone / Mexique

     

    Au-dessous du volcan

     

    Malcolm Lowry

     

     

    Une 3eme histoire d’amour impossible… déprimante !

     

     

    « Un chef d’œuvre », « Une oeuvre prodigieuse »… voilà ce que j’en attendais en lisant les critiques de ce roman culte.
    Mais je suis restée sur le bord du chemin, je ne suis pas arrivée à pénétrer dans ce livre hypnotique, que j’ai toutefois terminé (600 pages quand même). Maurice Nadeau, qui en a écrit la préface, précise : « Il faut le lire et le relire afin d’en mieux pénétrer la signification et d’en mieux savourer les beautés ». Pas sûr que j’y retourne néanmoins…

     

     

    Cette fois, l’auteur est anglais mais « l’action » se déroule au Mexique, au pied du Popocatepelt. On est en 1939, le jour des morts. Le héros est un consul britannique qui noie son mal-être dans les alcools forts (tequila, mecsal…). Quelques autres personnages intéressants, sa femme Yvonne, son frère… et quelques figures locales. Mais tout tourne autour de cet amour impossible, de l’alcool, de la déchéance dont le héros est l’acteur et son propre témoin.

     

     

    Une impression permanente de malaise…

     

     

     


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